mercredi 24 août 2016

Vous, vous êtes la lumière de l’univers


Vous, vous êtes le sel de la terre.
Mais si le sel devient fou, avec quoi le saler ?
Il n’est plus assez fort pour rien,
sinon pour être jeté dehors et piétiné par les hommes. 
Vous, vous êtes la lumière de l’univers;
une ville située sur une montagne ne peut être cachée.
Personne ne fait brûler une lampe en la mettant sous le boisseau,
mais sur le lampadaire où elle resplendit pour tous dans la maison.
Ainsi, que votre lumière resplendisse en face des hommes;
ils verront que vos œuvres sont belles,
et ils glorifieront votre père des ciels.
Ne pensez pas que je suis venu détruire la Thora ou les inspirés.
Je suis venu, non pas détruire mais accomplir.
Mathieu 5, 13

Le disciple de Jésus doit être sel !

Vous, vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fou, avec quoi le saler ?
Il n’est plus assez fort pour rien,
sinon pour être jeté dehors et piétiné par les hommes.
Jésus s’adressait aux Juifs, il s’adresse à plus forte raison aux chrétiens d’aujourd’hui. Le sel donne aux aliments une saveur plus agréable, il leur enlève de la fadeur. Être le sel, c’est donner du goût à la vie. Le disciple de Jésus doit être celui qui donne le piquant subtil à la vie. Mais si le disciple de Jésus s’affole, s’il ne met pas en pratique le message de Jésus, qui va le faire ?

Peut-on se nourrir de ce qui est fade et sans sel ? [1]

Trop de sel, la soupe est immangeable, pas assez de sel et elle est fade.
·         Celui qui en fait trop décourage les autres de goûter le message du Christ. Il rend la mission impossible à ceux qui sont incapables d’en faire autant. Trop salé il est immangeable. A quoi cela sert-il d’être riche d’un savoir si ce savoir est imbuvable.
·         Celui qui se dit pécheur trouve cette excuse ou une autre pour ne rien faire. C’est une soupe froide et sans sel qu’on n’a pas envie d’avaler. Jésus a pardonné nos péchés.

Être disciple de Jésus, c’est avoir juste assez de sel afin que les autres nous gouttent, afin que les autres gouttent Jésus. Notre sel, c’est ce que nous sommes.

On ne sale pas du chocolat. Ne donnez pas ce qui est sacré aux chiens, ne jetez pas vos perles aux cochons... Nous ne pouvons donner aux gens ce qu’ils sont prêts à recevoir.
Quel est ce sel qui devient fou ?
La traduction moderne[2] dit si le sel devient fou alors que la plupart des traducteurs anciens disent s’affadit. Personnellement, je dirais si le sel s’affole. C’est cela qui se passe actuellement. Le sel d’une religion qui se dit chrétienne, c’est Jésus. Sans Jésus la religion n’est qu’un mouvement sans âme, elle est le parti des chrétiens, pas la communauté des disciples de Jésus. Être disciple impose une discipline. Cette discipline est d’une simplicité déconcertante. Aimer Dieu et aimer son prochain. Pour aimer quelqu’un, il faut passer du temps avec lui. Nous avons l’avantage sur les hébreux de l’époque de connaître l’évangile, mais à quoi cela sert-il si nous ne le mettons pas en pratique ? Ce n’est pas celui qui dit « Yahvé ! Yahvé ![3] » qui entre dans le royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père des cieux. Faire la volonté du Père, c’est s’accorder avec lui, c’est être en communion avec le Père dans notre conscience. Celui qui fait la volonté de Yahvé, on le reconnaît à ses fruits.

Pour nous, disciple de Jésus de 2000 ans, la seule manière de ne pas s’affoler, c’est de suivre la boussole du Christ, autrement dit de pratiquer l’évangile en totalité et non pas de manière partielle ou militante. Il est très facile de trouver un passage de la bible qui nous convienne pour nous justifier de faire ou de ne pas faire. Mais quand il s’agit de mettre en pratique l’évangile, nous trouvons toujours une bonne raison de ne pas le faire.  Quand tu manges, tu ne sales pas qu’un haricot, mais l’ensemble du plat. Celui qui fait l’aide aux déshérités pratique un acte humain. Celui qui va à la messe le dimanche pratique un acte religieux. Ce n’est déjà pas si mal, car trop peu de gens le font. Mais l’acte ne devient christique que s’il n’y a pas la participation de Yahvé, inspiration du Souffle de l’Esprit, ou communion avec Jésus. C’est cela que Jésus nous a appris. Lui-même avant chaque acte important, se retirait pour prier.

Sommes-nous « plus » que Jésus pour nous passer de la prière ? Si Jésus priait, c’est pour que Notre Père intervienne. Jésus dans ses évangiles nous parle constamment de la confiance. Pouvons-nous être réellement disciple de Jésus, si nous-mêmes nous ne mettons pas notre assurance en Celui qui est ? [4]

J’insiste, pratiquer l’évangile ce n'est pas simplement le lire. Mettre du sel sur un livre de cuisine, ne donne pas de goût au plat.

Chez les hébreux, le sel est, comme le pain, symbole de partage, de communion. C’est en partageant ce que tu es, ce que tu vis que tu es en mesure de donner du goût à ta vie et à celle des autres.

Un disciple de Jésus seul, ça n’existe pas. Parfois, j’entends dire « il a Dieu avec lui, il n’est donc pas seul. » Cela est faux car s’il avait Dieu-Amour avec lui il ne serait pas isolé, abandonné des autres.
Jésus seul n’a aucun sens, avant sa vie publique Jésus n’avait de sens pour personne.
Dieu seul n’a pas de sens non plus. L’amour ne peut être seul, il a besoin de deux êtres pour s’exprimer.
Un disciple de Jésus isolé est perdu car il n’a pas rencontré l’Amour de Celui qui est vivant dans les autres. Je ne dis pas : il n’a pas rencontré l’amour d’un autre, mais l’Amour de Celui qui est vivant dans un autre. En effet, l’Amour de Celui qui est réalise ce que nous sommes incapables de faire par nous-mêmes.

Le disciple de Jésus doit être lumière !

Vous, vous êtes le sel de la terre. Vous, vous êtes la lumière de l’univers;
Ainsi, que votre lumière resplendisse en face des hommes;
ils verront que vos œuvres sont belles,
et ils glorifieront votre père des ciels.
Vous, vous êtes le sel de la terre. Vous, vous êtes la lumière de l’univers.
Ici, un parallèle est fait avec le sel et la lumière. Jésus ne dit pas ici « Je suis la lumière », mais, « vous, vous êtes la lumière de l’univers » et il insiste sur le « vous » en le répétant. Ce que l’on voit à ce niveau-là, c’est que Jésus a le désir que chacun soit lumière, que chaque un soit lumineux. C’est même plus qu’un désir car il ne dit pas vous serez, mais vous êtes la lumière. C’est d’ailleurs aussi le souhait qu’a celui qui a fait un jour une rencontre avec Jésus, il se rend compte qu’il est lumière. Il a vraiment envie de faire part de ce qu’il a vécu, mais comme Jésus, il n’est pas entendu par « ceux qui savent », les pharisiens d’aujourd’hui.

Que ta lumière resplendisse en face des hommes;
 ils verront que tes œuvres sont belles,
 et ils glorifieront notre père des ciels.

Notre problème à chacun, c'est d'accepter d'être lumière. Jésus me dit que je suis la lumière, et moi je me dis, ce n'est pas possible. Et, pourtant, si ! Si Dieu a créé l'homme à son image et à sa ressemblance, quel est le sentiment négatif qui fait que je me crois indigne d'être lumière ? Dans l'association pour laquelle je travaille, on a repeint le coin repas en jaune. Ce qui m'a immédiatement frappé, c'est que même quand il ne fait pas beau dehors, la pièce est lumineuse. Quand tu as la lumière dans ton cœur, même il fait sombre dehors tu es illuminé. Jésus ne dit pas « vous êtes une lampe de poche », « vous êtes un projecteur de 2000 watts », il dit: « vous, vous êtes la lumière de l'univers »
Debout ! Resplendis ! Car voici ta lumière et sur toi se lève la gloire de Yahvé.[5]
Vous, vous êtes la lumière de l’univers;
une ville située sur une montagne ne peut être cachée.
Personne ne fait brûler une lampe en la mettant sous le boisseau,
mais sur le lampadaire où elle resplendit pour tous dans la maison.
Univers, montagne, maison; où que tu sois, quelle que soit ta force personnelle, tu es là pour montrer la lumière que tu es, là où tu es et non pas pour la cacher.
C’est par tes œuvres que tu glorifies Notre Père.
C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.
Cest à cela que l’on reconnaît un disciple de Jésus aujourd’hui et non par des discours. Tu te dis peut-être je suis incapable de..., mais une personne comme Mère Térésa n'a pas attendu d'être capable. Sainte Thérèse n'est jamais sortie de son Carmel, ce n'est pas cela qui a fait sa capacité. Fais avec ce que tu es ! Ta lumière, c'est d'abord l'amour que tu donnes aux autres et la confiance que tu mets en Dieu.
Ne pensez pas que je sois venu détruire la Thora ou les inspirés.
Je suis venu, non pas détruire, mais accomplir.
Accomplir [gamar en araméen] ne veut pas dire mettre en pratique, mais mener à son accomplissement, son achèvement, sa réalisation. Chacun peut constater dans l’évangile que Jésus va beaucoup plus loin que l’application de la Thora, la Thora qui est avant tout plus un mode de conduite qu’une loi formelle. Si Jésus s’était contenté de suivre la loi, ou la volonté de Dieu exprimée dans la Thora, il aurait été limité comme tous les hommes avant lui. Hors, ce qu’il a réalisé, c’est qu’il a conduit l’enseignement des prophètes à son point de perfection, l’élaboration de Celui qui fait être[6] l’homme.

Jésus, c’est le passage de l’homme ancien à l’homme nouveau, de l’homme-Adam à l’homme-Dieu. Le premier accomplissement, c’est l’Amour désintéressé et le second la confiance totale dans le Père. C’est d’ailleurs ce que nous montre la fin de ce chapitre et les suivants. Les juifs pratiquaient la Thora, Jésus l’a menée à son point d’achèvement en allant jusqu’à se ressusciter lui-même. Comme Chouraqui, je préfère le mot inspiré à prophète car il est moins limitatif dans notre inconscient. Il signifie bien que c'est leur inspiration, leur prise de conscience qui les a fait agir. Jésus accomplit non seulement la Thora, mais toutes les lois spirituelles authentiques. Par exemple, celui qui connaît un peu le Bouddhisme, le Tao, les Véda, le Karma, la Mythologie, peut se rendre compte que l’enseignement vivant de Jésus achève toutes ces doctrines et que toutes celles qui ont été créées après lui sont des régressions. Par exemple, les meilleurs psychologues redécouvrent aujourd’hui que l’amour guérit.

Jésus a accompli l’amour à son extrême limite, il y a presque 2000 ans. Pour nous disciple de Jésus du 3ème millénaire, nous n’avons pas d’autre solution que celle d’exprimer l’Amour du Christ à travers nous, aujourd'hui.

Ils verront que vos œuvres sont belles,
et ils glorifieront votre père des ciels.

Comme le dit Jésus, l'acte spirituel authentique se voit dans les œuvres.
Là où il y a amour du Christ, il y a accomplissement.



[1]     Job 6, 6
[2]      Évangile de Mathieu de Chouraqui ou de sœur Jeanne d’Arc.
[3]      « Celui qui fait exister » en français et non « seigneur ». Traduire Yahvé par seigneur crée une ambiguïté, sachant de plus que les chrétiens appellent Jésus et Dieu « Seigneur » indifféremment, il y a de quoi entretenir la plus grande confusion. Et la confusion ne s'arrête pas là, les trois mots suivants sont aussi traduits par le seul mot « Seigneur » alors qu’ils ont chacun leur particularité.
 adôn : Seigneur, Maître;
rabbin: Maître, guide spirituel;
ba’al :   le maître de maison ou l’homme marié.
Quatre mots différents pour une seule traduction française, pourquoi ne pas mettre le mot précis.  La vérité demande la précision. Le problème, c'est que Jésus nous dit que la vérité rend libre alors que la confusion profite à ceux qui l'a créent, les pharisiens de tout temps.


[4]      Traduction intégrale de YHWH, Yahvé.
[5]      Isaïe 60,1
[6]    Autre traduction de Yahvé.

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